Élisabeth Borne, 1e ministre

La nouvelle, tombée hier 16 mai, selon laquelle Élisabeth Borne devient premier ministre en remplacement de Castex, fait tout d’abord  ricaner.

Enfin, une femme qui se dévoue pour la tâche ! C’est qu’elle n’a pas de figure, la Borne, pour accepter un poste dont personne n’a voulu avant elle !

Car enfin, Macron avait proposé à Jean Castex de rester en poste au moins jusqu’aux législatives ce que ce dernier a froidement refusé en disant que “Ce n’était pas le deal”.  Puis d’après le Parisien, Macron se serait tourné vers Véronique Bédague,  aujourd’hui directrice générale de la société Nexity, anciennement directrice de cabinet entre 2014 et 2016 de Manuel Valls. Reçue tout d’abord par Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, elle aurait décliné l’offre, arguant qu’un poste à Matignon ne pouvait que se faire au détriment de sa carrière à Nexity.

Préférer un poste de DG à celui de 1e ministre en dit long sur ce que Macron a à offrir à ses protégés. Il faut avouer que la manière qu’a Macron de traiter ses anciens 1e Ministre n’incite guère à faire partie du lot.

 

 

 

 

 

 

 

D’après BFMTV, ce serait ensuite à Valérie Rabault, députée du Tarn-et-Garonne, que l’Elysée aurait proposé le poste de Premier ministre qu’elle aurait refusé pour rester “fidèle à ses convictions”.

Alors c’est sûr que pour un parti qui s’est rebaptisé “Renaissance” la nomination d’Élisabeth Borne, cela fait tout d’abord ricaner, tant il est vrai que la dame a un lourd passé derrière elle. Petit rappel de ses hauts faits :

En tant que ministre des Transports de Macron, elle a fait un cadeau de plusieurs milliards aux SCA, les sociétés qui gèrent les autoroutes : la Cour des Comptes confirme que les SCA verront leurs profits multipliés par 5 grâce au bon plan de Borne. En échange de l’entretien des autoroutes, les SCA se voient octroyer l’allongement de leurs concessions pour une manne estimée à plus de 15 milliards d’€.

Toujours comme ministre des Transports, elle va casser la SNCF : changement du statut des cheminots, ouverture de la SNCF à la concurrence, accélération de la fermeture de centaines de petites lignes jugées trop coûteuses à entretenir. Mais surtout, ne prenez pas votre voiture et pensez à la planète. Madame, elle, prend l’avion.

Elle fit face à des accusations de conflits d’intérêts également. En effet la N79 entre l’Allier et la Saône-et-Loire était connue pour son nombre élevé d’accidents. Il fut donc convenu que l’État, sous la houlette d’Elisabeth Borne, se chargerait d’y apporter les améliorations voulues. Eiffage a répondu à l’appel d’offre. Petit hic : Mme Borne avait autrefois travaillé pour Eiffage.

En tant que ministre de l’Écologie, E. Borne va, sous la pression des lobbies, repousser l’interdiction du glyphosate jusqu’en 2023 et plus, si affinités.  Le glyphosate, un composant de l’herbicide Round-up de la tristement célèbre corporation Monsanto, est cancérigène, tue la faune et la flore, décime les abeilles et pollue les nappes phréatiques.  C’est également un perturbateur endocrinien comme le souligne l’article de “Notre Planète”.

Qu’à cela ne tienne ! Borne la Saccage ne s’arrête pas en si bon chemin et devient enfin Ministre du Travail en 2020. Force est de constater que Borne ne sait mettre de bornes qu’aux travailleurs. Revaloriser le SMIC de 72€ soit 6€ par mois alors que l’inflation était de 1,6% en 2021 et qu’elle continue de grimper ne fut pas perçu par elle comme une vaste blague mais comme une avancée sociale (si, si !). La réforme de l’assurance-chômage qu’elle conduit ensuite devrait permettre 1,9 milliard d’économies en 2022 selon l’UNEDIC. Bien sûr sur le dos des infortunés chercheurs d’emploi.

C’est à elle aussi qu’on doit cette fameuse phrase qui en dit long sur sa bonté de cœur  : “Ce n’est pas aux entreprises de payer une semaine de congés aux parents d’un enfant décédé.”

 

Borne c’est aussi celle qui “a suspendu les soignants sans autre forme de procès” comme le souligne André Bercoff. Pour une Ministre du Travail, empêcher les gens de travailler et de continuer à vivre, c’est très fort.

Sur France Info, quelques commentateurs ce matin faisaient le portrait de la dame qui, disent-ils, “semble savoir sourire, mais uniquement dans son cercle privé”. L’Opinion précise qu’elle est capable de hurler quand quelque chose ou quelqu’un se met en travers de sa route, que c’est une telle acharnée du travail qu’elle convoque ses collaborateurs le dimanche midi ou les appelle au milieu de la nuit.

Pour résumer sa carrière, on peut dire que si l’ancienne pupille de la Nation a brillamment conquis tous les échelons vers le sommet, elle n’a laissé que  très peu de bons souvenirs derrière elle. A sa décharge, elle a une mémoire qui lui joue des tours. C’est ainsi qu’elle a oublié de déclarer 6 sur ses 9 précédents mandats d’administrateur dans sa déclaration d’intérêts, comme l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR), la fondation du Groupe RATP…

 

On pouvait encore rire de Castex. On ne le pourra pas de Borne car l’on sait déjà qu’elle va poursuivre son œuvre de saccage : après la SNCF, l’écologie, et l’abolition de travailler si non vacciné,  vient le temps de s’attaquer aux retraites. Et on peut faire confiance à Borne pour enlever aux gens ce dernier droit à une retraite paisible.

 

Alors quand elle dédit sa nomination à toutes les petites filles, vu le parcours de la dame (sans mentionner son peu d’attractivité personnelle) on peut se demander si les gamines ont intérêt à la prendre pour modèle.

                                 Laurence Esbuiée, le 17 mai 2022

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