Le procès Ghislaine Maxwell

Qui est Ghislaine Maxwell ?

Mondaine aux 4 nationalités, à savoir française, britannique, américaine et israélienne, elle fut proxénète de son état – bien que ses avocats le nient aujourd’hui au motif qu’elle ne serait qu’un bouc-émissaire – mais son procès est bel et bien basé sur le fait qu’elle fut notoirement une rabatteuse de jeunes filles mineures pour le trafic sexuel auquel s’adonnait son ami Epstein.

Fille du magnat Robert Maxwell, espion au service d’Israël, mort dans des circonstances mystérieuses en tombant en mer de son yacht en pleine nuit en 1991 et enterré avec tous les honneurs en Israël lors d’une cérémonie à laquelle participèrent le président israélien Chaim Herzog, le Premier ministre de l’époque Yitzhak Shamir et pas moins de 6 chefs de services secrets israéliens, elle se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés dans un procès à la sauvette qui fait moins de bruit médiatique que les événements sportifs.

En effet, hier, après 10 jours de procès, l’accusation a bouclé ses interrogatoires ; 5 témoins furent appelés dont le pilote du jet privé d’Epstein qui témoigna qu’il n’avait rien vu. Virginia Giuffre, celle qui révéla l’ampleur du scandale, ne fut pas entendue. Seulement quatre femmes — « Jane », « Kate », « Carolyn » et Annie Farmer, 42 ans, la seule à s’exprimer sans pseudonyme – ont été entendues et souvent discréditées au motif que « leurs mémoires si longtemps après les faits se trouveraient altérées. »

Et que dire du langage employé ??

Il ne faut pas oublier l’importance de la sémantique et du champ lexical.

Les témoins auraient été des « femmes mineures » ou des « prostituées  à la mémoire incertaine» qui auraient eu « des relations sexuelles ».

Non. Une femme n’est pas « mineure » ; une enfant oui. Une enfant ne se « prostitue » pas, elle est violée, victime d’abus sexuels et de trafic d’êtres humains.

Et ce procès qui devait durer 6 semaines au moins en est déjà à la plaidoirie de la défense après seulement 10 jours de procès. Il est à noter que des 20 000 documents saisis et étiquetés par le FBI en 2005, aucun n’a été présenté au procès.

Alors est-ce le fait que Maureen Comey, la procureure principale, n’est autre que la fille de James Comey, ex-chef du FBI qui fut viré par Trump ? Voudrait-elle protéger les amis puissants de papa ?

Il n’est que de voir les nouvelles du jour. Tapez CNN par exemple. Il est question de Fauci qui remet en question la sagesse des réunions familiales pour Noël, de l’afflux des migrants à la frontière de l’Arizona, des conditions climatiques inquiétantes, et même de nouveaux documents sur l’assassinat de JFK mais RIEN sur le procès de Ghislaine Maxwell.

A croire qu’il n’existe pas. Et il y a à cela deux raisons.

La première, c’est que bien des gens importants et très connus sont impliqués dans ce réseau pédophile. Voici une photo-montage de personnalités qui sont montés à bord du Lolita Express d’Epstein.

 

La deuxième – bien documentée depuis l’élection américaine de 2020 – est qu’il existe, comme l’écrit le Time magazine, « une cabale de puissants bailleurs de fonds qui englobe à la fois les industries et les courants idéologiques et qui travaille derrière la scène pour influencer les perceptions, changer les règlements et les lois, manœuvrer la couverture médiatique et contrôler le flot d’information. » 1

Et tout ça, naturellement, pour notre bien.

Il n’est que de voir ce qui est arrivé sur Twitter au compte Trial Tracker qui faisait le compte-rendu du procès de Ghislaine Maxwell. Supprimé avec plus de 500 000 abonnés et pourquoi ?

 

Parce qu’il avait osé parler de la perquisition de l’île d’Epstein dans les Caraïbes en 2005 où furent retrouvés une baignoire pleine de documents et de vidéos, tous étiquetés par le FBI et rendus à leur propriétaire sans autre forme de procès.

 

C’est que « l’affaire Epstein » commence il y a plus de 15 ans maintenant. Quinze ans pendant lesquels le FBI était au courant du trafic sexuel auquel se livraient Epstein et sa complice sur des mineures… et ont délibérément enterré l’affaire.

Petit rappel de la chaîne des événements :

  • En 2005, le domaine d’Epstein est fouillé par le FBI qui trouve jusqu’à 20 000 documents, images, vidéos et disques durs. Le FBI visionne le lot et étiquette le tout. Puis rend poliment à Epstein toutes les données qui permettaient de l’accuser.

Le procureur du district de Floride de l’époque, un certain Alexander Acosta qui devint par la suite ministre du Travail de Donald Trump, avait négocié un accord permettant à Epstein d’éviter vingt ans de prison et avait mis fin à l’enquête du FBI à l’insu même des victimes sans autre forme de procès en 2009.

William Barr, qui a mené l’enquête sur Epstein en tant que procureur, a eu beau clamer que tous les complices d’Epstein seraient amenés devant la justice, il n’en reste pas moins que le cabinet Kirkland & Ellis LLPavant qui a aidé Epstein à s’en sortir en 2009 ne lui est pas inconnu : il y travaillait comme avocat-conseil à l’époque.

  • En 2019, bis repetita. Le domaine d’Epstein est de nouveau perquisitionné et le FBI redécouvre tout le matériel incriminant qui avait conservé précieusement les étiquetages de leur précédent passage.
  • Le 10 août 2019, mort d’Epstein retrouvé pendu dans sa cellule alors que les caméras de surveillance étaient hors service et que le personnel chargé de le garder à l’œil était tout bonnement en train de ronfler ou de surfer sur Internet.

On sait pourtant de source sûre qu’Epstein, tout comme Robert Maxwell, travaillait pour le Mossad, l’une des deux grandes agences israéliennes de renseignement, qu’il devint milliardaire du jour au lendemain après avoir débuté sa carrière comme professeur de maths.

On sait aussi que non seulement il violait des jeunes filles mais qu’il les « sous-traitaient » à des personnalités qui étaient filmés en plein débat et qu’il était aisé de faire chanter ensuite.

                          A lire notamment l’article d’Agoravox à ce sujet.

  • Ghislaine Maxwell, elle-même, fut laissée libre jusqu’au jeudi 2 juillet 2020 de continuer sa vie de criminelle. La question est pourquoi ? Détiendrait-elle des preuves tangibles (vidéos, enregistrements, ADN) de centaines de puissants qu’elle pourrait faire chanter ?
  • Décembre 2021 : Jean-Luc Brunel, citoyen français, bien qu’impliqué et accusé par Virginia Roberts Giuffre, une victime présumée d’Epstein, d’avoir « livré des dizaines de jeunes filles » mineures à celui-ci est toujours laissé libre de ses mouvements et n’a été accusé de rien.

Je voudrais finir par cette citation d’Edgar Hoover, redouté patron du FBI pendant 37 ans, et qui savait de quoi il parlait : «L’individu est handicapé en se retrouvant face à une conspiration si monstrueuse qu’il ne peut croire qu’elle existe. »

Laurence Esbuiée©17 décembre 2021

Addentum : Le fait que Ghislaine Maxwell ait été reconnue coupable de 5 des chefs d’accusation ce 30 décembre 2021 et risque jusqu’à 65 ans de prison ne doit pas faire oublier que ce procès a tout simplement permis d’occulter les questions essentielles : qui était présent lors de ces viols ? Qui a participé ? Combien de jeunes filles ont disparu sans laisser de traces ? Qui apparaît sur les vidéos compromettantes? Pourquoi leurs noms n’ont-ils pas été évoqués?

Au fond,  cette sentence n’est qu’une autre manière de jeter un voile pudique sur une vérité dérangeante pour les élites. Les secrets de Ghislaine Maxwell seront extradés avec elle en quelque lieu discret dès que l’affaire sera close ou dans le pire des scénarios pour l’accusée, enterrés au fin fond d’une cellule de prison jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais le Grand Marécage que les anglophones appellent The Swamp n’en sera pas troublé. Gageons qu’une autre proxénète de grande envergure a déjà pris la place de la Maxwell.

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Note :

1– Time Magazine « –a well-funded cabal of powerful people, ranging across industries and ideologies, working together behind the scenes to influence perceptions, change rules and laws, steer media coverage and control the flow of information. » https://www.breitbart.com/politics/2021/02/05/time-magazine-secret-well-funded-cabal-worked-to-protect-2020-election/

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